Passer à la propulsion électrique à partir d'un kit pour moteur thermique
Voilà déjà un certain temps que je voulais essayer les moteurs brushless dont tout le monde parle. Profitant de promotions et d'un don d'accus (2 packs de 8 éléments Ni-Cad Sanyo 2400), j'ai franchi le pas, non sans grande hésitation.
L'avion est celui-ci. Une aile haute de tout ce qu'il y a de plus bête. 1.60 m d'envergure, à peu prèt 2.5 Kg (avec le plein) motorisé à l'origine par un GP42 bon marché.

Déjà fort d'une expérience malheureuse en électrique il y a plusieurs années, Je commençai le résonnement suivant :
-"bon, alors...ce zinc vole bien avec un 7cm3...donc je pense que 6 cm3 devrait suffire, ce qui me donne déjà un pack de 12 éléments (voire le truc "choisir un accus de propulsion"). Et, heu...ai pu qu'à trouver un moteur qui accepte de tourner avec ça et une hélice de 10x6, parce que plus grande, elle risque de toucher si la roulette avant s'affaisse de trop."
J'avoue aussi qu'il y a une autre raison sur le choix de l'hélice : la 10x6 équipait déjà le GP42 d'origine. Je voulais vérifier si l'ensemble électrique offrait la même puissance utile, avec un avion quasi identique en taille et en poid, et la même hélice.
Je me lançai donc dans des jours de recherche à travers le Web, à télécharger des docs, des tableaux de différents motorisations, forums, papotages sur le terrain, revues, pour trouver ce moteur. En fait j'en ai eu marre de chercher au bout de deux semaines, aussi ai-je choisi le cyclon 40, car non seulement il répondait à mes critères, et en plus mon fournisseur favori l'avait en stock. Beaucoup d'autre modèles auraient pu faire l'affaire, pour moins cher même, mais bon, il faut bien commencer par quelques chose, et je ne voulais pas passer ma vie la-dessus.
J'aurais pu choisir un moteur à charbon, mais dans ces puissances, leur prix est presque aussi élévé que ceux des brushless, et leurs charbons s'usent vite. Je me suis dit qu'il serait nul d'économiser maintenant 10 € si je dois racheter un jeu de charbons et rectifier le collecteur dans quelques mois. Par contre, le prix du variateur n'est pas le même, la version brushless est plus chère. Mais bon, hein, faut aussi savoir ce qu'on veut, sinon on s'en sort plus.
Arrive le moment de faire les courses :
-Un moteur brushless Cyclon 40;
-Un variateur adapté (jeti 3P 70A Opto, choisi parce qu'il était en promo et qu'il passait 70A, ce qui permettra de l'utiliser dans un zinc plus gros);
-Un plateau d'hélice pour axe de 5mm pour monter l'hélice sur le moteur;
-Une hélice 10x6 histoire d'installer une hélice neuve et bien équilibrée.
Aller, zou, 196 € avec port...aarg. Ben putain, ya intéret que ça vole. Presque le prix de 2 kit RTF...
La transformation
Une semaine après avoir commandé par internet, le bordel arrive. Déballage. Je posai donc le fuselage sur mon plan de travail, et empoignai un tournevis pour démonter le moteur GP42, le servo de gaz et le réservoir.
Comme je doutais du résultat, je voulais bidouiller un truc pour que je puisse réinstaller facilement le moteur d'origine. Cet avion est un des avions-école du club, il faut donc que je puisse vite revenir en arrière en cas d'echec. J'ai donc concervé une partie du support du moteur thermique, qui tiens la roulette avant, et j'ai monté 4 tiges filetées M3 qui passent par les écrous-griffes d'origine sans toutefois se visser dedans. Un ensemble écrou + rondelle large immobilise chaque tige sur la cloison pare-feu. J'avais peur que ce soit trop juste, mais une fois le couple moteur monté et les écrous bien serrés avec du frein-filet, la rigidité se révèle suffisante. Par contre, en cas de plantage sur le nez, les tiges se plieront, à coup sur. Mais je préfère ça plutot que se soit l'axe du moteur à 95 € qui se fausse.
Arf, le couple moteur, parlons-en, tiens...J'ai été très déçu qu'un gabarit, même en papier ou juste imprimé sur la notice, ne soit pas fourni avec le moteur, vu le prix... Ce couple doit en effet être précisément évidé pour le refroidissement, et le perçage des vis de fixation est assez précis. J'ai fait ce couple en plaque époxy de circuit imprimé débarrassée de sa couche de cuivre.
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Le bati moteur électrique fini |
Oui, je sais, l'avion semble avoir beaucoup vécu, (et encore, la cloison pare-feu est neuve) mais c'est l'avion école du club...alors forcément, il s'en ai pris dans la gueule, et il en vera encore d'autre.
J'ai soudé directement les fils du variateurs sur ceux du moteur après avoir repéré le sens de rotation, pour limiter la longueur des cables. Il fallait donc que ceux venant de l'accus arrivent à un endroit précis, ce qui m'a bien fais chier. J'ai été contraint d'assembler le pack de manière différente, de charcuter la verrière de l'avion afin que ça tombe à peu près bien, et que ce soit accessible par la suite, car sur un électrique, l'accus doit s'installer et se retirer le plus facilement possible, vu qu'on le fait plusieurs fois par après-midi. Dans mon cas, je dois au moins retirer l'aile, ce qui devient chiant à force. Toutefois, les prises qui sortent du fuselages peuvent être ainsi facilement branchées/débranchées.
V'là eul' résultô :
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Le pack réassemblé, qui s'enfile et
prend appuis sur l'ancien couple moteur. |
Les fils de l'accus sortent par cette ouverture. Finalement,
ça fait aussi une entrée d'air pour une partie de l'accus
qui se trouve juste derrière. |
J'ai voulu réaliser une sortie d'air de type
"NACA", mais j'ai un peu foiré en fait...tant pis. |
Verdict de la balance : 2.6 Kg prêt à décoller. Si vraiment cet ensemble est équivalent à un 40, pas de pétard, ça doit voler, la version thermique d'origine pesait 2.5 Kg avec le plein.
Avant d'essayer, j'ai lubrifié les roulements du moteur avec un pchit spécial. Vu le prix du moteur, il vaut mieux en prendre soin. Je renouvelle cette opération avant chaque vol. Ce lubrifiant à l'avantage de bien pénétrer et ne colle pas, ce qui évite que des saloperies, lors des décollages, viennent se coller sur les axes ou carrérement dans les roulements. Pour l'instant, je n'ai pas remonter le capot moteur, le pauvre brushless est donc fortement exposé aux poussières de notre piste en terre battue.
En vol
Rien de miraculeux. Cela fonctionne, certe, mais la puissance disponible n'est pas celle d'un 40. Je dirais plutot 30/35, ce qui contredit les tableaux d'essais que j'ai pu trouvé de cette configuration brushless. L'avion décolle bien, vole bien et tranquillement. Son comportement est quasi identique à un bizuth et son 4cm3. C'est devenu un vrai avion de début : la voltige ne passe plus. Avec le GP42, je pouvais au moins faire une boucle à peu prêt correcte, mais là, c'est rapé : ça fait un "L" minuscule moche.
Il est vrai qu'un GP42 fait en réalité 7cm3, mais celui-ci est un moteur début de gamme bon marché sur palier qui tire à peu prèt la même chose qu'un 40 de meilleure qualité, et ce avec la même hélice. Aussi, j'ai vu passer bon nombre de modèles du même genre en taille et en poid (y compris le même) motorisés par des 40 et la même hélice, et qui volaient beaucoup plus confortablement et passaient toute la voltige de base. C'est pour ça que je j'avais recherché l'équivalence d'un 40 et non d'un 42. Je suis donc un peu déçu au vu du prix que ça m'a couté, surtout que j'ai respecté les indications données par les tableaux comparatifs du fabricant.
En faisant des vols d'apprentissage (décollage, vol à mi-puissance, réduction des gaz pour approche et remise à fond pour repartir), le vol dure environ 8 minutes avec les sanyo 2400 mAh, ce qui n'est pas si mal. Au sol et en statique, à fond, le courant est de 32A, ce qui est cohérents avec les essais mentionnés dans la notice. Par contre, n'ayant qu'un seul pack d'accus, il faut attendre presque 1 heure entre chaque vol, le temps de décharger/recharger. Et là, pour un avion école, c'est un sacré handicap quand il y a 4 débutants qui attendent leur tour. On s'aperçoit donc que plusieurs accus, c'est indispensable pour cette utilisation, et du coup, il faudra encore sortir les sous, aarg misèèèère.
Peut-être dois-je optimiser certains trucs, comme l'hélice qui est pour l'instant une simple Graupner grise. Mais je me dis que si il faut changer ainsi des choses pour que ça vole pareil qu'avec le moteur thermique, c'est que finalement, l'équivalence de puissance utile n'est pas encore là. Je précise que le poid de la version électrique est actuellement équivalente à la version thermique, et que l'hélice est la même. Mais bon, ça vole de manière satisfaisante, alors, hein, on va pas en chier dans le ventillo.
A plein régime, la motorisation émet un sifflement assez désagréable à la longue, mais ça change quand même d'un moteur thermique.
Autre déception, mais que j'avais prévue : l'avion a perdu son tempérament sain lors des phases d'approches et d'atterrissage. Normal vu les 700 gr de l'accus 12 éléments placé à l'avant. Malgré que le poid total et centrage n'aient pas vraiment changé, ça accélère fort lors de l'approche et c'est difficile de ralentir. Le ralenti du moteur brushless ne freine rien contrairement à celui d'un thermique. C'est limite désagréable pour un avion sensé apprendre à voler. Reculer le centrage d'un bon centimêtre a un peu arranger les choses, mais l'approche reste moins saine qu'avant. Des accus Li-Po plus légers seraient sûrement la solution, mais que dalle, ça fait trop cher pour moi pour l'instant : il me faudrait en plus d'un pack investir dans un chargeur et un équilibreur spécial li-po, ce qui représente encore pas loins de 150 € le tout. Pour retrouver un avion sain et qui volera tout l'après-midi, là, j'avoue avoir fortement envie de repasser en thermique, ce que je vais faire d'ailleur pour éviter de monopoliser l'avion-école pour mes essais personnels.
Par curiosité, mais persuadé à l'avance d'un résultat foireux, j'ai essayé un pack de 8 éléments. En effet, ça roule et ça ne décolle pas, un peu comme les premiers avions électriques que j'avais essayé de faire voler il y a plusieurs années. Remettons donc nos 12 éléments sans chercher à s'acharner.
Conclusion
Si on mets le prix, l'électrique, ça fonctionne, rien à redire là-dessus. Mais tout de même, ça fait très cher pour ce que ça apporte. Le seul avantage concrêt d'un tel équipement c'est de ne plus devoir nettoyer le zinc après les vols. Toutefois, les clubs étant soumis à des restrictions de bruits y trouveront leur avantage, et dans ce cas, ça vaut probablement plus le coup.