Cela faisait déjà un certain temps que j' envisageais d' évoluer un peu et de sortir des petits modèles habituels "du dimanche", et surtout de me procurer un avion de voltige "digne de ce nom", afin de m'entrainer pour divers brevets et avoir quelques chose d'intéressant à présenter lors de meetings amicaux.
J' avais commencé, il y a déjà quelques années, la construction du valmya (plan encarté), mais le manque de temps et de motivation ont fini par prendre le dessus...
C'est en cette période de Noël 2006 que je me décidai enfin avec l'achat d"un kit RTF d'un Edge 540, un peu moins répendu que les Cap et Extra. Un passage sur mon site de vente en ligne favori, un coup de visa, et 3 jours plus tard, le coli monstrueux se retrouve dans mon salon.
Première impression : wouha, c'est gros.
J'attrape un cutter et commence à lacérer comme un sauvage le carton d'emballage. J'en dégage la boite du kit, qui est assez tape à l'oeil. Les derniers malheureux bouts de scotch maintenant le carton sont coupés, et la jolie boite s'ouvre enfin, tel un coffre au trésor.
Moi qui n'ai l'habitude que des petits fouillis d'1.60m d'envergure, me voilà devant un machin dont le fuselage est presque aussi grand que moi. Chouette.
Tout est bien emballé dans des sacs plastiques qui pourront resservir au transport. Quelques coup d'zieux me montrent un assemblage plutôt réussi, propre. L'intérieur du fuselage sent bon la structure bois collé à la colle blanche. C'est une ossature en ctp/balsa recouverte d'oracover.
Les deux demi-ailes sont en structure aussi, les nervures sont évidées et coffrées sur le tier avant, dessus/dessous. La clé fournie est apparemment en samba, de bonne section mais pas très longue.
Les deux jambes du train, en dural, paraissent lourdes, les roues en mousse en revanche sont légères. Le capot moteur est magnifique, souple, sans un défaut. Tout le bordel restant est rangé dans des sachets (réservoir, roue, durit, mousse, tiges de commandes, vis, etc).
Il reste à première vue peu de boulot. Mais je m'aperçois que les charnières sont en espéce de tissu, classique sur les RTF, non collées. Par habitude, j'en changerais quelques unes. De plus, comme je le craignais, si je monte l'aile en un seul bout et colle les empennages de manière définitive, ça rentre trop juste dans ma voiture. Un engin de 2m, ça commence à faire gros...Quelques journées de bricoles en plus seront donc nécessaires en ce qui me concerne. Le kit étant en structure bois, il ne sera pas trop difficile de modifer certaines pièces pour rendre les éléments démontables.
Pour rendre l'avion fonctionnel, il restera trouver :
-Un moteur d'au moins 25 cm3, son bati, son hélice, son pot;
-6 servos standarts (1 pour le moteur, 1 à chaque ailerons, 1 à chaque volet de profondeur, et un à la dérive), un bon récepteur, un bon accus, au moins 3m de câble 3 connecteurs (les servos sont éparpillés partout, il faut donc de la rallonge), un bon interrupteur, et de la connectique sûre. Pour les fanas du vol tranche, il vaut sans doute mieux prévoir 5 servos standarts et un servo plus costaud pour la dérive.
-Eventuellement de la visserie en nylon si on veut grapiller quelques dizaine de grammes en remplaçant la visserie d'origine. A ce propos, non seulement on gagne un peu de poids vu le nombre de vis qu'il y a, mais en plus, la fin du 3e vol démontrera l'intérêt des vis en nylon pour le train d'attérissage : elles casseront en cas d'attérissage foireux, évitant ainsi d'arracher leur support du fuselage.
-Et pourquoi pas, vu le gabari du zinc, quelques équipement de sécurité (double batterie, alarmes diverses, etc).
La notice, en quatre langues, est claire et largement suffisante pour qui dispose déjà d'une bonne expérience en construction et pilotage. Domâge que les photos ne figurent que sur la partie en allemand. Pour le reste, elle donne débattements, centrage, et d'autre indications utiles. On s'aperçoit qu'il y a quelques menues différences entre photos et le modêle. Même si on sait s'y prendre, une petite lecture avant toutes choses histoire de repérer les pièces et voir certains points est largement souhaitable.
Comme je le disais un peu plus haut, "Il reste à première vue peu de boulot". Eh ben, il en reste pas mal quand même.
Il vaut mieux commencer par là : les éléments de l'avion étant démontés, c'est plus pratique.
Mais ce n'est pas si rapide que ça : il faut déjà passer les câbles, ce qui prend un certain temps, surtout dans les ailes. On s'en sort avec une cap légèrement coudée, mais il faut être calme et ne pas s'énerver. Je les ai fait passer dans des pailles scotchées les une à la suite des autres, maintenues à leur extrémités (peu de possibilités vu le manque d'accessibilité). Cela évitera que les câbles se balladent. Pour les rallonges du fuselage, pareil, mais là on peut coller les pailles régulièrement sur leur longueur. Il faut ensuite attraper le fer à souder, gaines thermos, prises de racccords pour effectuer un câblage des éléments sûr, propre et fonctionnel.
Voulant limiter le nombre de prises et de raccords, j'ai soudé directement mes rallonges torsadées sur les circuits imprimés des servos. Les câbles d'origine des servos sont affublés d'une ferrite, puis resoudés à l'autre bout des rallonges pour se brancher sur le récepteur. Pour le raccordement des ailerons et de l'accus de réception, j'ai utilisé des prises dorée Multiplex que j'avais en rab, plus sécurisantes à mon sens sur un tel engin que les minuscules picots des prises UNI.
L'installation des servos est une formalité. Ceux dont je disposais (futaba 3003) rentrent pile poil dans les logements déjà découpés (mais recouverts par l'oracover). Des standarts suffisent d'après la notice (hum...pour la dérive...il y a un sacré volet quand même.).
Arrive maintenant le montage des guignols, assez fatigant pour les doigts car il faut visser, visser, visser et encore visser (4 vis par guignol, et il y en a 5 en tout...). On trouve 2 tailles de guignols et de tiges de commande dans les sachets, la notice préconise ceux avec les vis de 2.5mm. Ceux qui voudront secouer l'Edge dans tous les sens monteront probablement les 3mm. Vient donc ensuite la réalisation des commandes, qui nécessitera encore le fer à souder : pour chaque tige, une des chapes est vissée, l'autre soudée.
La notice propose de les coller définitivement. C'est facile et rapide, mais comme je le mentionnais, c'est encombrant. Je me suis donc orienté vers une petite modification : la clé d'origine rentre avec du jeu. J'ai collé des fines lamelles de CTP afin de rattraper l'épaisseur, et l'ai collé dans une seule demi aile rendant possible, du moins provisoirement, le montage/démontage.
Les trous dans le couple qui accueuillent les tourillons sont trop grands. L'aile a donc tendance à bouger un peu, malgré les 4 vis. J'ai ajouté une lamelle en ctp de 10/10 qui s'emboite dans les 2 tourillons, évitant ainsi que les 2 demis ailes ne s'écartent de trop. L'idéal sera de refaire une pièce en ctp devant ce couple pour corriger ce soucis, pour que les tourillons rentrent pile poil et que les demis ailes soient ainsi parfaitement tenues. Cela devrait même permetre de supprimer les 2 vis à l'avant de l'aile.
Une fois les ailes assemblées à leur place, il reste un espace de quelques millimêtres entre la première nervure et le fuselage, qui ne se révelera pas génant pour le vol. On pourra quand même ajouter un bout de planche de balsa tendre (voire dépron) pour combler.
Les empennages réclament un peu de boulot si on les veut démontables. Chacun fera comme il le voudra, je ne m'attarderai pas la-dessus. Fixations à base de tourillons à l'avant + une vis à l'arrière (ce que j'ai fait), ou deux vis sans tourilons, ou tout coller comme le propose la notice, les solutions ne manquent pas, à vous de bricoler. Efforcez vous simplement de concevoir une fixation afin que le montage/démontage soit rapide et facile.
Peu de boulot hormis l'installation radio. J'ai toutefois badigeonné toute la partie avant en bois visible de vernis polyuréthane, même si il a déjà une sorte de peinture sur le devant de la cloison pare-feu.
Pour le reste (train d'atterissage, réservoir, moteur...), c'est de la rigolade : quelques coups de perceuse, tournevis, clé, et hop.
Seul point négatif dans tout ça, l'étanchéité du réservoir fourni d'origine est mauvaise (au niveau du bouchon). On a beau deserrer la vis, repositionner, reserrer, ça fuit toujours un peu. On doit pouvoir arranger ça avec un peu de mastic sillicone, et, contrairement à ce que dit la notice, ne pas trop serrer la vis du bouchon (en fait, plus on serre, plus ça fuit...). Mais j'ai jugé prudent de changer ce réservoir.
D'origine la verrière est démontable par 4 vis, car il faut la retirer pour installer l'aile. Bien que ça fasse encore un peu plus de boulot, il est préférable de bricoler au plus tôt un systême de tourillons et de verrouillage afin de gagner du temps du montage/démontage sur le terrain.
Je disposais d'un SuperTigre de 25cm3 équipé de sa cloche arrière de maintient qui ira parfaitement. Des silent-blocs viendront le tenir sur la cloison pare-feu. Pas de soucis particulier, hormis la pipe d'échappement qui était trop longue et m'aurais obligé à masssacrer le beau capot. J'ai donc recherché un autre échappement, sans succès : les autres pipes étaient trop courtes, trop coudées, ou pas assez, bref je n'avais plus le choix : j'en ai réalisée une sur-mesure. Le pot est lui aussi artisanal, un machin à base d'une bombe insecticide. C'est pas très gracieux, mais ça fonctionne en attendant que je me réalise un vrai silencieux qui s'intégrera sous le capot.
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ooohh kiléboooo |
L'hélico Eco8 semble bien petit à coté... |
Les carénages de roues n'ont pas été encore montés.
Ah, oui, les premiers essais...Parlons-en, tient.
C'était la misère : montage chiant (une dizaine de vis à installer : 4 pour l'aile, 1 pour le stab, 4 pour la verrière et une partie de l'avant...), le moteur me faisait royalement chier à tout niveau (amorçage difficile à cause du capot, bougie, pipe d'échappement qui fuit et qui a laché très vite...). Bref. Une fois avoir corrigé tous ces soucis (ce qui m'a pris quelques week-end supplémentaires), je peux enfin effectuer les toutes dernières vérifications (centrage, débattements, essais de portée radio, pointe moteur...), et embarquer eul'truc sur la piste.
Premier décollage : ça tire bien, ça roule droit. L'avion décolle mais est instable, les neutres ne sont pas bons. La profondeur est ultra sensible tandis que les ailerons semblent réagir avec une seconde de retard. J'avoue ne pas être tranquille, l'avion est gros, ça impressionne de voir ce machin se dandiner dans tous les sens, à cause des corrections brutales pour tenter de le tenir à plat. Puis c'est le drâme : le moteur perd ses tours juste après le premier virage, puis cale. Arg. La vitesse dégringole. Je pique et tente de revenir, mais ce n'est ni un planeur, ni un trainer...ça se termine donc dans un petit arbre, puis le pauvre zinc, après avoir été arreté par les branches, tombe comme un sac à patates dans un tas de ronces. Sigh.
Bon. Reprenons nos esprits. Allons déjà le chercher. Vives les gros tas de ronces, l'avion est intact, ouf. Après quelques tatonnages, la cause du calage moteur est trouvée et résolue (bougie trop froide). Echange de bougie, ça fonctionne bien mieux (démarrage compris). J'en profite pour retoucher les débattements. La notice propose d'ajouter de l'exponentielle, mais n'ayant jamais utilisé cette possibilité sur mes avions, j'ai préféré m'en abstenir. j'ai donc désensibilisé la profondeur, et mis la course des ailerons à fond. Ceux-ci sont pourtant grands et full-span, mais ont l'air d'avoir besoin de débatements pour être réactifs. Et ne nous laissons pas décourager, on repart.
Deuxième décollage : bien mieux. Le moteur fonctionne bien, la différence de sensibilité entre ailerons et profondeur est moindre. Les ailerons sont à mon goût. Je parviens donc facilement à faire des hippodrômes en l'air, pour paufiner les neutres. Il s'avère que pour voler droit, la profondeur doit être légèrement tenue, malgré le trim à fond. Peut-être que le centrage et/ou calage sont aussi à corriger, mais on vera ça plus tard. L'avion vole bien, les trajectoire sont propres, j'en profite pour effectuer quelques passages et approches pour le prendre en main peu à peu. Quelques montées verticales plein pot et figures simples pour valider les réglages du moteur, je pose l'avion sans soucis. Ouf, voilà qui est mieux :D.
Après ajout de sub-trim sur la profondeur, je repars pour un 3e essai. C'est encore mieux. Contrairement au premier vol où rien n'allait, l'appareil se laisse maintenant facilement manoeuvrer. Je tente plusieures figures un peu plus évoluées, ça passe très bien et ça s'arrête net. Les évolutions sont réactives et précises, sans être vicieuces aux grands angles. Le vol tranche tient et est assez joli vu la taille de l'engin. Mais à force de faire joujou trop bas avec les gaz et à faible vitesse, on fini par se faire baiser ! Ce troisième vol s'est donc terminé par un toucher assez brutal des roues sur l'entrée de piste en herbe, et crac, les 4 vis en nylon du train se sont cassées, l'avion a donc fini son atterrissage à plat ventre. Ah ben oui, il est plutot sain et maniable, mais ce n'est pas non plus un avion de début de 2.5 Kg...C'est une bête de voltige de plus de 6 Kg. Alors à l'avenir, prudence quand même. Cela me coûtera une petite réparation du fuselage, car bien que le support de train aie tenu, les jambes en dural ont tapé contre le fond et enfoncé un logeron. La structure, fort heureusement se répare facilement, et une fois recouverte d'oracover neuf , la réparation est invisible.
4e vol le week-end suivant : wouhaaaa. Malheureusement il fût à base de tours en rond et d'approches, l'attache du pot maison ayant laché dès le début du vol.
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Un des nombreux passages pour apprendre à connaitre
l'avion à vitesse réduite et prendre ses marques... |
...et le pot qui pend lamentablement
xD. On vois sur cette photo que l'avion est presque neutre de tout
coté (aucun dièdre, aile en plein milieu du fuselage quasi
dans l'axe de l'hélice et du stab, etc etc) |
Au fur et à mesure des vols , on prend facilement l'avion en main. La précision de ses ailerons encourage vraiment à se lancer dans la voltige et à travailler les figures. C'est un bon point.
Quelques points points négatifs toutefois :
-j'ai perdu une roue lors du 5e vol. Je m'aperçois donc que les axes sont emmanchés à force dans un boulon qui enserre la jambe de train. L'axe perdu a été remplacé par une cap de 4mm. Les boulons ont été repercés afin que les axes dépassent de quelques millimêtres, et un point de brasure déposé afin de les sécuriser.
-6 Kg prêt à partir pour un zinc de 2m, ça commence à faire beaucoup. Bien qu'il est plutôt sain tant que le moteur tourne et que la vitesse est là, il devient un véritable parpaing si ça cale en vol. Il faut alors pousser la profondeur sans hésiter, quitte à piquer si possible, car il ne pourra effectuer qu'au maximum un seul demi-tour (à moins d'être vraiment très haut). Sans prise franche de vitesse, moteur calé et tenu à plat, il perd sa vitesse en quelque secondes...C'est du juste. C'est ainsi que lors des mises au point, à chaque fois que le moteur a calé lors de descentes verticales au ralenti, je n'ai pu que le vacher plus ou moins brutalement à divers endroits du terrain, cassant les vis nylon du train à chaque coup. Bref, il gagnera énormément à être allégé au mieux, en refaisant le train en fibre et en l'équipant d'un moteur moins lourd (il faut dire que le SuperTigre utilisé ne fait pas partie des références en matière de moteurs légers (1.3 Kg sans le pot). Quelques dizaines de grammes pourront être grapillées en utilisant des servos plus légers (mais de couple identiques) aux gaz, profondeur et ailerons, et utiliser une hélice en bois.
Malgré un assemblage assez long, pas mal de soucis de mise au point rencontrés, et un poid un peu élévé, c'est finalement un bel avion de voltige au potentiel énorme, que je ne suis encore pas prêt d'exploiter à fond.