Les buts:
-Ne plus avoir de câbles autour du modêle (celui du chauffe-bougie en l'occurence)
-Eviter d'avoir à approcher les doigts de l'hélice une fois le moteur démarré.
On peut certe obtenir d'autres bénéfices de ce systême bien connu, mais ce n'est pas recherché ici.
Le principe est simple, se servir d'un petit variateur pour moteur à courant continu pour allumer/éteindre la bougie avec une voie supplémentaire de la radio et l'accus réception, donc sans ajouter d'accus supplémentaire. Cette bidouille réclame donc :
-1 voie proportionnelle libre sur l'émetteur et le récepteur;
-Un variateur à courant continu type parkflyer ou indoor (5 ou 6 A suffisent, mais, plus important, pouvant fonctionner à partir de 4,8 V).
Montage :
Dans un premier temps, un petit moteur électrique sera branché très provisoirement (par pinces croco par exemple) en sortie du variateur, afin d'éviter de griller des bougies lors des essais.
Il suffira de relier provisoirement la sortie du variateur sur le moteur, de retirer le "+" de la prise du variateur (il n'est pas avantageux ici d'utiliser le BEC), et relier l'entrée du variateur ( + et - ) à l'accus de réception.
Une fois le montage fini, il y a une petite mise au point à faire, avec le petit moteur à la place de la bougie :
-Utiliser, pour initialiser et calibrer le variateur (s'il le nécessite), une voie proportionnelle libre commandé par un potentiomêtre ou inter. En cas de radio programmable, réinitialiser débattements et subtrim concernés aux valeurs par défaut.
Une voie proportionnelle commandée par un potentiomètre se schématise comme suit. Attention, suivant les modêles de radios, le cablage est légèrement, mais la façon de procéder reste la même.
Ensuite allumer l'émetteur, modêle, calibrer le variateur, puis repérer, en partant de la puissance minimum, la position qui permettra un allumage correct : le moteur électrique doit juste "couiner", sans tourner. Sans rien éteindre, remplacer le moteur par la bougie, et vérifier qu'elle brille suffisament. Ajuster très doucement la voie si nécessaire pour l'allumer plus ou moins (attention, c'est très "sensible" et la bougie peut très vite griller). Ne pas oublier de tenir la bougie avec autre chose que les doigts car...elle chauffe ;) (là est l'intérêt des pinces croco).
Une fois la position trouvée, on peut éteindre, sans toucher à la voie du variateur, modêle et radio. Relever alors la valeur des 2 résistances (voir schéma ci dessous) qui donnent la position du curseur. En fonction de la marque de l'émetteur, adapter les mesures suivant le câblage de la voie.
Remplacer enfin le potar par un inverseur unipolaire à 2 positions avec ces 2 résistances qui seront directement soudées sur ses pattes. Il sera sans doute nécessaire d'en utiliser plusieures en série (des 1/4 W suffisent largement) pour parvenir aux valeurs de R1 et R2 mesurées précédement. Adapter également les connections pour l'autre type de câblage des voies si nécessaire.
Remarque : on pourrait garder le potar, mais il faudrait le manipuler avec une extrême attention pour ne pas griller la bougie.
Notons qu'avec les radios programmables, il est possible d'utiliser un simple inter dont on limite le débattement par programmation. Mais attention, presques tous les variateurs modernes, même les plus petits, vérifient le neutre et "la position" de leur commande à chaque allumage. Si le débattement maxi de la voie (et/ou le sub-trim) est trop bridé par programmation, le variateur risquera de refuser de fonctionner car il détectera une anomalie dans la course de sa commande. Voilà pourquoi il vaut mieux un inter avec les 2 bonnes valeurs de résistances, ceci fait croire au variateur qu'il est commandé normalement. Cela dit, tout dépend de la radio, c'est probablement possible de s'en sortir avec certaines.
Une fois tout cela mis en place, procéder à l'installation dans le modêle.
Les essais :
La première chose mesurée fût bien sûr la consomation de la bougie, pour vérifier qu'elle ne vide pas l'accus de réception. Et bien, peu de risques, car elle (du moins, les 2 que j'ai essayé) ne consome environ qu' 1 A lorsqu'elle est alimenté ainsi. Partant du principe où elle ne fonctionnera que pour démarrer le moteur (soit normalement à peine une dizaine de secondes par vol), et qu'aujourd'hui les accus de réception NiMh au format R6 dépassent les 2 Ah de capacité, ils tiendront sans soucis cette tâche supplémentaire. En revanche, en cas d'accus de capacité faible, il faudra de préférence le changer.
Le plus gros risque dû à ce courant, c'est éventuellement l'inter de réception, car le pouvoir de coupure est assez faible : les bas de gamme c'est 300 mA sur chaque contact . Pour ceux qui sont vendus comme inter de réception, c'est un peu plus car leur lamelles sont dorés, mais ça doit encore être juste. Cependant, j'ai essayé avec le variateur branché en sortie de l'inter de réception, je n'ai pas eu de soucis. Mais il est plus prudent d'utiliser un autre inter, ainsi le courant de la bougie ne passera ni par les prises du récepteur ni par son inter. Si on veut vraiment un seul inter pour tout allumer, on pourra mettre un inter avec le pouvoir de coupure adequat.
Lorsqu'on "allume" la bougie, les servos se mettent à ronronner. Peut-être faudrait-il antiparasiter, mais ces petits tremblements sont très faibles et n'empêchent pas le bon fonctionnement (en tout cas, avec la radio que j'ai) . Comme le systême n'est pas utilisé pendant le vol, ça ne gène pas. Et puis, finalement, cela indique aussi si la bougie est grillée ou pas, c'est plutôt pratique.
Et quel bonheur ! On allume la radio, le modêle, on amorce le moteur comme d'habitude, on remet au ralenti, on bascule l'inter de la radio, et zou, en quelques coups de doigt, ça démarre ! Pas de fils qui trainent autour du modêle, pas de mains à approcher de l'hélice, rien à débrancher...Il faut juste penser tout de même à rebasculer l'inter pour éteindre la bougie. On pourrait imaginer un montage amélioré, qui permettrait par exemple d'alimenter la bougie pendant 10s après impulsion sur l'inter.
Cela permet aussi, si toutefois les conditions de sécurité le permettent, de ne plus être obligé de retourner dans le parc des modêles si le moteur cale une fois sur la piste.
Je n'ai trouvé qu'un seul inconvénient : si l'avion est en double-commande, il faut bien sûr que le passage à la radio élève ne change pas la voie qui contrôle le variateur. Dans mon cas, même avec les débattement de la 7e voie réduit au mini, par programmation, la radio élève faisait allumer très faiblement la bougie. Il faut donc que j'ajoute aussi un inter (ou un câblage des résistances fixe) sur la 7e voie de la radio élève.
Pour le reste, tout va bien. Il y a juste quelques points à mentionner :
-Bien entendu, le moteur doit déjà être parfaitement réglé et ne poser aucuns soucis. En effet, si on utilise un accus de réception un peu ancien (genre un NiCD de 600mAh) et que le moteur est difficile à démarrer, donc que la bougie reste allumée "longtemps", il est probable qu'elle décharge l'accus à un seuil dangeureux.
-Pour cette même raison (accus de capacité faible), il faudra éviter de se servir de l'inter en vol, même si cela peut permetre d'avoir un meilleur ralenti lors des approches. On pourrait oublier d'éteindre la bougie, ce qui peut être dangereux pour elle (qui pourrait alors griller à force), pour l'accus...et l'avion.